« Devant l’Horizon », c’est la ligne d’horizon à travers la peinture, la sculpture et la photographie. Du romantisme à l’impressionnisme en passant par les contemporains, des œuvres de Magritte, Monet, Raoul Dufy, Arnold Böcklin, Yves Klein, Chagall, Tàpies, Hockney, Paul Klee… Une exposition proposée à la Fondation Joan Miró jusqu’au 16 février 2014.

 

Max Ernst, Le courant de Humboldt, 1951-1952, huile sur toile, Fondation Beyeler, Riehen, collection Beyeler. 

Pas le temps de voir toutes les expos proposées à Barcelone cette saison ? Choisissez la Fondation Joan Miró pour profiter de celle consacrée au joli thème de l’horizon. Incontournable. « Devant l’Horizon » (Davant l’horitzó), offre une promenade à travers la peinture, la sculpture et la photographie. Du romantisme à l’impressionnisme en passant par les contemporains, des œuvres de Magritte, Raoul Dufy, Arnold Böcklin, Yves Klein, Chagall, Olafur Eliasson, Eduardo Chillida, David Hockney, Paul Klee… Autant dire un point de vue éclectique.

La première salle ne manque pas de surprendre, justement par son éclectisme. Le ton est donné. Quand la forêt nocturne du Wettertannen de Böcklin (1849) côtoie le doré flamboyant et contemporain des Quatre horizons, du Catalan Perejaume (1991).  Plus loin, c’est l’horizon d’Anna-Eva Bergman qui surprend par un bleu outremer, qui pourrait être celui de Klein, tranché avec l’argenté miroitant du haut du tableau (Grand horizon bleu, 1969). Les oeuvres du peintre suisse Ferdinand Hodler (Genfersee mit Mont-Blanc im Frühlicht, 1918) racontent les paysages solitaires dans des tons proches du pastel tandis que Félix Valloton choisit l’horizon vert d’un Chemin dans la lande (1917). Le photographe japonais Hiroshi Sugimoto, grand orfèvre du panorama, ne pouvait manquer. L’exposition à Joan Miró nous montre l’un de ses mélancoliques horizons marins (Sea of Japan, 1987). Le célébrissime bleu de Klein cède ici la place au « vert Klein » pour une pièce de sa série de monochromes (Monochrome vert, sans titre, 1957), tout à ses côtés, Le Vieillard et le chevreau (1930), de Marc Chagall, pour un horizon paisible propre à l’univers onirique du peintre des couleurs. Mais contrairement à ses autres œuvres, cette toile est très sobre et pratiquement nue. Les deux personnages, le vieil homme et l’animal, semblent ne faire qu’un. Ils sont allongés sur un sol neigeux tandis qu’on aperçoit un bout de ciel obscur. Parmi les images, il faut souligner la présence de cinq clichés signés Ansel Adams (1902-1984), grand photographe des horizons sans fins. Ici, plusieurs noir et blanc représentant les étendues américaines telles que le fantastique Parc national de Yellowstone, dans le Wyoming, ou la Vallée de la mort, en Californie. La dernière salle offre à voir une photo panoramique de San Francisco en 1878 réalisée par l’Anglais Eadweard Muybridge (célèbre pour ses décompositions photographiques du mouvement). La muséographie de « Davant l’horitzó » met en face à face des artistes de différentes époques de l’histoire de l’art. Chaque œuvre figure sa propre perspective face à une autre. La fondation Joan Miró permet un voyage où le regard se pose sur les lignes d’horizon illimitées de l’art.

© Corinne Bernard, novembre 2013.

Crédit image de couverture : Gerhardt Richter, Landschaft bei Hubbelrath, 1969. Ludwig Forum für internationale kunst, Aquisgrà. 

« Davant l’horitzó » (Devant l’horizon/Ante el horizonte), exposition visible  jusqu’au 16 février 2014, à la Fondation Joan Miró, Parc de Montjuïc, Barcelone.  Métro : Pl. d’Espanya.