Sergi Là³pez est au festival de Sitges pour présenter le nouveau film des frères Larrieu, Les Derniers jours du monde, dans lequel il partage l’affiche avec Mathieu Amalric, Catherine Frot et Karin Viard. Rencontre dans le jardin de l’hà´tel Mélia, à  Sitges.

Sergi-Lopez à  Sitges 2009
Sergi Là³pez,à à© vivreabarcelone.com

Sergi Lopez durant son entretien
La fin des temps, des personnes qui s’aiment, se trompent… font des folies pour ne pas penser à  l’issue fatale imminente. Les Derniers jours du monde déroule les jeux de personnages qui veulent poursuivre leur vie malgré le chaos. C’est Manuel Poirier qui cherchait un acteur avec un accent espagnol pourà La Petite amie d’Antonio (1992) et Western (1997) qui l’a découvert. Depuis, Sergi Là³pez poursuit une filmographie surprenante…à La nouvelle Eve, Une liaison pornographique, Le Labyrinthe de Pan, ou plus récemment, Partir, avec Kristin Scott-Thomas et Yvan Attal, des rà´les à  la hauteur de l’immense acteur qu’il est, mine de rien. « Mine de rien » car aux antipodes de ceux qui posent, Sergi est naturel, bon vivant et joyeux, comme tout Catalan qui se respecte. En préambule, il se rappelle sa première fois au festival, avec Western et son ami Sacha Bourdo, c’était en 1997 : à « On m’a donné le prix d’interprétation parce que j’habite à  cà´té », nous confie-t-il en riant. Conversation au soleil.

Quel personnage joues-tu dans ce film ?
Je suis très ami avec Mathieu (Amalric, Ndlr), nos chemins se croisent plusieurs fois. Mon personnage est un chanteur d’opéra, il incarne le désir de vivre, d’aimer, de goà»ter chaque chose de la vie. Il est peut-être homosexuel, mais… bon… ce n’est pas vraiment clair… peut-être qu’il aime les garçons et les filles aussi… à on ne sait pas vraiment.

Justement, on te propose souvent des rà´les en demi-teinte, des personnages à  double visage, comme dans Harry un ami qui vous veut du bien
Oui, c’est vrai, ce sont souvent des personnages contradictoires et inattendus, des personnages ambigus, j’ai beaucoup de chance avec ça, je le vis comme un privilège. C’est sans doute ce que les autres voient de moi. Et mon accent aussi, il aurait pu être un handicap, mais n’en est pas un, c’est presque une richesse, il nourrit le cà´té mystérieux…

C’est un premier rà´le dans un film de science-fiction…
Il y a le Labyrinthe de Pan et Ricky qui sont proches de ce genre là  aussi. Mais je m’en fiche du genre d’un film, je n’ai pas de style précis, c’est un honneur d’être dans ce film et un honneur d’être à  Sitges. Le style, si c’est juste formel et esthétique, ne m’intéresse pas. Ici, le point de vu est axé sur l’individu. Il raconte comment des personnes se comportent par rapport à  un événement tragique. Le film est toujours proche de l’individu. Profiter du présent, lutter contre cette dynamique de la peur capitaliste qui existe dans la vie, ça me parle…

Comment expliques-tu ton succès en France, peut-être plus visible encore qu’en Espagne ?
C’est sans doute parce que j’ai plus travaillé là -bas, parce que je passais sur Canal+… ou alors, mon accent… peut-être.

… ou ton cà´té « latin lover » qui se dégage par exemple dans le dernier film d’Isabel Coixet, Mapa de los sonidos de Tokio ?
Quand j’entends ça, je pense plutà´t à  Antonio Banderas! je l’aime bien, lui, est un latin lover... Dans le film de Coixet, je ne pense pas être un séducteur. Il est séduit par cette japonaise parce qu’ils parlent tous les deux anglais, c’est une langue étrangère, ils se trouvent à  travers cette langue qui n’est pas leur langue d’origine. Il est sensuel plutà´t, oui… c’est une rencontre charnelle… c’est la vie… le contact, la peau, c’est très important.

Notre petite question étrange : qui es-tu Sergi ?
Question bizarre, oui! (il éclate de rire) mais j’aime bien… ça me change, j’aime quand c’est différent.à Je me sens de plus en plus en équilibre avec moi-même, même s’il m’arrive de me tromper dans mes choix, même si je ne suis pas cinéphile… je me reconnais dans ce que je fais, ça me parle de me battre pour ce que je défends.

Des projets pour 2010 ?
Je continuerai à de jouer à sur scène en Espagne, du cà´té des Asturies (Non Solum, one man show en septembre dernier à  Barcelone, Ndlr). J’avais déjà  joué à  Paris, et l’on continue. C’est une comédie décalée. C’est terrible! c’est un vrai plaisir pour moi le contact avec le public.

Que ferais-tu si l’on t’annonçait la fin du monde ?
J’irais dans un restaurant avec mes amis, on discuterait beaucoup pour éviter de paniquer…

à©à Propos recueillis par Corinne Bernard, oct. 09.

Les derniers jours du mondeLes Derniers jours du monde, de Jean-Marie et Arnaud Larrieu, en compétition officielle, Festival international du cinéma fantastique Sitges 09. Sortie en salle en Espagne, novembre 2009.à 
Le site du film

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