Orphan, grande surprise du festival de Sitges

En compétition officielle à  Sitges 09, Mr. Nobody, de Jaco van Dormael et, la grande surprise de ce début de festival, l’incroyable prouesse de la jeune actrice Isabelle Fuhrman dans Orphan (L’orpheline). Rendez-vous avec une petite fille très, très spéciale…
Affiche du film The Orphan

Dès les première minutes de Orphan, le film de Jaume Collet-Serra (réalisateur d’origine catalane expatrié aux à‰tats-Unis), on sent bien que cette petite Esther cache quelque chose, son minois et son look de poupée de porcelaine, ses manières désuètes, son intelligence et ses répliques qui font mouche… Esther découvre sa famille d'accueilTout ça est plutà´t bizarre pour une gamine de 9 ans. Pourtant, quand sa future famille vient chercher quelqu’un à  l’orphelinat o๠elle réside, c’est elle qu’ils vont adorer tout de suite. Il faut dire que mère et père (Vera Farmiga et Peter Sarsgaard) ont un passif pas banal, elle, récupère à  peine de son passage chez les alcooliques anonymes et lui, d’un adultère avec la voisine. Une bonne dose de culpabilité. Et puis, il y a Jessica, l’enfant morte et dont la mère n’arrive pas à  se remettre (elle a d’ailleurs édifié un mausolée dans la serre du jardin familial). Ceci explique, plus ou moins, leur besoin d’adopter, bien qu’ils aient déjà  deux enfants. Un petit préambule à  ce qui suit… Car cette orpheline va semer la terreur dans cette famille américaine o๠tout semble aller mieux, passées les tempêtes citées plus haut. Une grande maison, et trois enfants merveilleux, si ce n’est que la nouvelle, Esther, est complètement dingue. On sent, au fil du film, la progression vers l’horrible. Cette petite fille, immigrée russe qui parle un anglais fluide, passe son temps à  peindre et à  observer son nouveau papa, d’un air parfois tendancieux. Le film est un must du genre, scènes choc, gros plans sur des objets insignifiants qui tout à  coup prennent une dimension fantastique. La terreur s’immisce petit à  petit, The Children : les bébés tueursle père, un peu naà¯f et sous le charme de la gamine, ne voit rien tandis que sa femme va tenter de découvrir ce qui se cache sous le visage presque lisse de la petite Esther. Le regard de cette petite fille pas banale, un regard démoniaque. Le genre à  vous donner des frissons. La jeune actrice était au festival pour présenter son film dimanche soir, en compagnie du réalisateur. Une actrice qui promet beaucoup… En tout cas, les petites têtes blondes rebelles (!) ont le vent en poupe au festival, puisqu’on a pu y voir aussi The Children (de Tom Shankland), autre opus terrifiant truffé d’enfants pas sages… ça fait vraiment peur!à 

Orphan
, sortie en salle en Espagne, le 16 octobre.

Pour faire plus doux, Mr. Nobody. Jaco van Dormael (Le Huitième jour) propose une oeuvre onirique sur les différents choix possibles d’une vie, en l’occurrence celle de Nemo Nobody (Jared Leto). Epouser l’une, épouser l’autre, vivre avec son père, partir avec sa mère…

Mr Nobodyun film de science-fiction qui se déroule entre le XXe et le XXIe siècle et o๠s’entremêlent poésie baroque, collages, musiques du passé (une bande originale très réussie)… Des couleurs franches, chères au cinéaste de Toto le Héros, et un casting qui vaut de l’or (Diane Kruger et Sarah Polley partagent l’affiche avec Jared Leto). Un film qui part tous azimuts, comme si Jaco van Dormael avait voulu faire un grand patchwork lyrique sur la vie d’un individu qui ne veut pas avoir le choix, qui ne sait pas choisir. La grande et insondable théorie du chaos. Faut-il rester là , sans bouger, attendre que le temps ou que les autres décident pour nous?… Mais, le film n’invite pas forcément à  partager ce chaos que vit Nemo, cette confusion, ces multiples possibilités de vie, tout est trop confus et rapide, comme un immense vidéo-clip de 2 heures. On est ballotté d’une vie à  l’autre, d’une mort à  l’autre (différentes vies, différentes morts) jusqu’à  un monde futuriste oà¹notre héros est le seul mortel. Quelle ironie. Au final, c’est un peu difficile pour nous, spectateurs, car, par tant de fugacité dans le fond et la forme, à  force de rapidité, on ne s’attache pas vraiment au personnage. Dommage, même si le délire visuel vaut le détour.

Mr. Nobody, de Jaco van Dormael. Sortie en salle en Espagne : date non définie.

à©à Corinne Bernard, oct. 09.

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