El Raval : le quartier multiculturel de Barcelone

El Raval : le quartier multiculturel de Barcelone

Quartiers · El Raval

Ancien quartier des couvents et des hôpitaux, longtemps surnommé le barri xino, El Raval est devenu la mosaïque la plus cosmopolite de Barcelone : cuisines du monde, galeries, bars branchés et ruelles étroites, à deux pas de la Rambla. Un quartier qui a du caractère — et sur lequel on entend tout et son contraire. Voici ce qu’il est vraiment.

Ce qu’il faut voir

  • Le Palau Güell : le Gaudí méconnu du quartier, à deux pas de la Rambla. Construit avant la Sagrada Família, classé au patrimoine mondial, et infiniment moins couru que la Pedrera — la terrasse aux cheminées vaut à elle seule la visite.
  • Le MACBA (art contemporain) et le CCCB : le pôle culturel du quartier, avec la grande esplanade blanche prisée des skateurs, devenue un spectacle en soi.
  • Sant Pau del Camp : une petite église romane du XIIe siècle avec son cloître, l’une des plus anciennes de la ville. On passe devant sans la voir ; c’est une parenthèse de silence à cinq minutes de la Rambla.
  • La Rambla del Raval, large et arborée, ponctuée du gros chat de Botero — l’axe le plus vivant, percé au début des années 2000 en démolissant des îlots entiers.
  • La Filmoteca de Catalunya, la Biblioteca de Catalunya installée dans l’ancien hôpital de la Santa Creu, et une foule de petits cafés, notamment autour de la Carrer de Joaquín Costa.

Le quartier le plus multiculturel de la ville

C’est ce que beaucoup viennent chercher ici, parfois sans savoir comment le nommer. Le Raval concentre des communautés pakistanaise, bangladaise, philippine et maghrébine, installées pour certaines depuis plusieurs décennies. Cela se voit dans les commerces, les boucheries halal, les épiceries, les salons de thé, les échoppes de téléphonie — et cela s’entend dans la rue, où l’on croise l’ourdou, le tagalog et l’arabe autant que le catalan.

Il n’y a pas de « quartier arabe » délimité à Barcelone au sens où on l’entendrait ailleurs : il y a ce quartier-ci, populaire et mélangé, où les communautés cohabitent avec une population catalane installée de longue date et, depuis vingt ans, avec des étudiants et de jeunes actifs attirés par les loyers et la centralité. C’est cette superposition qui fait le Raval, et non une communauté unique.

Quant au surnom de barri xino — « quartier chinois » —, il n’a jamais eu de rapport avec une communauté chinoise : c’est un journaliste des années 1920 qui l’a importé des bas-fonds de San Francisco pour décrire un quartier de nuit, de prostitution et de cabarets. Le nom est resté bien après la réalité qu’il décrivait.

Le Raval est-il dangereux ?

C’est la question que tout le monde se pose et que peu de guides traitent franchement. Réponse courte : non, le Raval n’est pas dangereux ; il est mal famé de réputation et exposé aux vols à la tire. Ce n’est pas la même chose.

Ce qui est vrai : c’est un quartier populaire et dense, où certaines ruelles du sud — vers le port et le Carrer de Sant Ramon — restent animées la nuit d’une manière qui peut mettre mal à l’aise. Les pickpockets y sont actifs, comme sur la Rambla et dans tout Ciutat Vella : c’est de la délinquance d’opportunité, qui vise les sacs ouverts et les téléphones sur les tables de terrasse, pas les personnes.

Ce qui l’est moins : l’idée qu’on ne pourrait pas y marcher. Des milliers de gens y vivent, y élèvent leurs enfants et y font leurs courses. La partie nord, autour du MACBA et de la Carrer del Doctor Dou, est aussi tranquille que n’importe quel quartier central. Les réflexes sont ceux de toute grande ville : sac fermé devant soi, téléphone rangé, attention accrue dans la foule et la nuit.

Où manger

C’est l’un des meilleurs quartiers de la ville pour manger varié et bon marché. On y trouve des cuisines pakistanaise et indienne (autour du Carrer de Sant Pau et de la Rambla del Raval), philippine, maghrébine, mais aussi une scène de bars à tapas et de cantines créatives qui s’est développée avec l’arrivée des étudiants. Le rapport qualité-prix y reste l’un des meilleurs du centre — c’est l’un des rares endroits de Ciutat Vella où l’on mange bien sans payer le supplément touristique. Nos adresses sur où manger à Barcelone et notre guide des tapas.

Y vivre : pour qui ?

Le Raval attire ceux qui veulent l’hypercentre sans les prix du Gòtic ou de l’Eixample, et qui acceptent en échange la densité, le bruit et des immeubles souvent anciens — beaucoup sans ascenseur, certains mal isolés. C’est un quartier de jeunes actifs, d’étudiants et de familles installées de longue date, très bien desservi (métro L3 Liceu et Sant Antoni, L2 Sant Antoni).

Ce qu’il faut savoir avant de s’y installer : la vie nocturne est réelle et sonore dans certaines rues, la pression touristique est forte côté Rambla, et les logements y sont plus petits qu’ailleurs. En contrepartie, tout est accessible à pied et le quartier a une vie de voisinage que les zones plus chères ont perdue. Pour comparer avec les autres options, voir notre guide dans quel quartier vivre à Barcelone.

Y loger : central et vivant

Le Raval est très central et souvent plus abordable que le Gòtic ou l’Eixample. On le conseille aux voyageurs jeunes ou au budget serré qui cherchent de l’ambiance, de la vie nocturne et de la diversité. Le conseil de placement : privilégiez la partie nord, près du MACBA et de la Universitat, plus calme et à cinq minutes de la plaça de Catalunya.

Où dormir à El Raval

El Raval, multiculturel et central, propose souvent des hébergements plus abordables. Comparez les disponibilités et réservez.

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