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Se lancer à son compte à Barcelone est tout à fait accessible à un Français, à condition de connaître les deux grandes voies : devenir autónomo (indépendant) ou créer une société. Voici les repères à jour pour 2026. Pour la vue d’ensemble du travail à Barcelone, voyez notre page travailler à Barcelone.
Devenir autónomo (indépendant)
C’est la formule la plus simple et la plus courante pour démarrer seul. Trois étapes :
- Avoir son numéro NIE (indispensable au préalable).
- Se déclarer à Hacienda (l’administration fiscale) via le modelo 036 (le modelo 037 a été supprimé en février 2025), avant de démarrer l’activité.
- S’inscrire au RETA, le régime des indépendants de la Sécurité sociale, via le portail Import@ss (qui propose aussi un simulateur officiel de cotisation).
Combien ça coûte ? Depuis 2023, la cotisation sociale dépend de vos revenus nets réels, sur une grille de tranches : comptez de l’ordre de 205,88 €/mois (tranche la plus basse, revenus nets jusqu’à 670 € par mois) à 607 €/mois au minimum au-delà de 6 000 € de revenus nets mensuels, avec une régularisation annuelle sur vos revenus réels. Bonne nouvelle pour démarrer : la « tarifa plana » réduit la cotisation à 88,64 €/mois la première année (80 € de cuota fija + la cotisation MEI), prolongeable un an de plus si vos revenus restent sous le SMI, sous conditions (ne pas avoir été autónomo dans les 2 à 3 ans précédents, pas de dettes).
Barème 2026 (ordre PJC/297/2026) : nos montants sont la base de cotisation de chaque tranche multipliée par le taux de 31,5 %, la Sécurité sociale ne publiant pas de montant tout fait. Le montant de la tarifa plana n’est fixé par aucun texte pour 2026 : c’est celui que la Sécurité sociale applique en pratique. À confirmer selon votre situation. Si vous cotisez déjà en France, votre cas peut différer : renseignez-vous auprès d’un gestor.
Pour la comparaison détaillée avec le régime français et ce que ça change concrètement, voyez notre dossier auto-entrepreneur français installé à Barcelone. Et si votre activité reste tournée vers la France ou l’étranger plutôt que vers une clientèle espagnole, le visa nomade numérique peut être une alternative plus légère, fiscalement comme administrativement.
On vous a parlé d’une coopérative de facturation ou du portage salarial pour éviter l’inscription ? Ces raccourcis exposent à un rappel de cotisations. Nous les avons vérifiés un par un dans notre article freelance à Barcelone sans devenir autónomo.
Vos obligations une fois lancé
En tant qu’autónomo, vous facturez avec TVA (IVA, 21 % en général) et tenez des déclarations régulières : TVA trimestrielle (modelo 303), acompte d’impôt sur le revenu trimestriel (modelo 130) le cas échéant, et récapitulatifs annuels. Rien d’insurmontable, mais mieux vaut s’organiser dès le départ (facturation, justificatifs, échéances).
Créer une société (SL)
Pour un projet plus ambitieux ou à plusieurs associés, la Sociedad Limitada (SL) — l’équivalent de la SARL — est la forme la plus répandue. Depuis la loi Crea y Crece (2022), le capital social minimum n’est plus que de 1 €. La création passe par un notaire, l’obtention du NIF de la société et l’inscription au registre du commerce (Registre Mercantil). Avec les statuts types et la procédure en ligne, les délais légaux se comptent en heures ouvrables, et la Chambre de commerce de Barcelone annonce 120 à 400 € de frais de notaire et de registre pour une SL à 1 € de capital. Sous 3 000 € de capital, deux règles protègent les créanciers : mise en réserve de 20 % des bénéfices et responsabilité solidaire des associés pour la différence en cas de liquidation insuffisante.
Attention à la cotisation de l’associé unique qui dirige sa SL : il relève lui aussi du RETA, avec une cotisation minimale de 448,69 €/mois en 2026 (base minimale de 1 424,40 €), une fois passée la première année de tarifa plana. Le 205,88 € de la grille ci-dessus ne s’applique pas à lui. Si la société n’est pas encore rentable, ce plancher pèse très lourd dans le choix entre autónomo et SL.
Vous avez déjà une société française et vous partez vivre à Barcelone ? La garder ou la remplacer par une SL est un vrai arbitrage, qui dépend des cotisations, de l’impôt et du risque d’établissement stable. Nous l’avons détaillé dans créer ou garder une SASU française en vivant à Barcelone.
Se faire accompagner
Pour vos premiers pas, faire appel à un gestor (l’équivalent d’un expert-comptable) fait gagner un temps précieux et évite les erreurs sur la TVA, les cotisations et les déclarations. Avant même de payer, sachez que Barcelona Activa, l’agence de la mairie, propose du conseil à la création d’entreprise, des formations et un accompagnement, en catalan, en castillan et en anglais (pas en français). On y accède après une séance d’information obligatoire. La Chambre de commerce de Barcelone fait de son côté, gratuitement, l’inscription d’autónomo et la création de SL en ligne, sur rendez-vous. Un excellent point de départ. Pour le détail des aides, de leurs conditions et de ce qui est fermé, voir entreprendre à Barcelone : qui vous aide et ce que ça coûte. Côté francophone, la fiche annuaire de MonEntreprise.es recense un cabinet comptable spécialisé dans les freelances et entrepreneurs francophones du digital. Pensez aussi à sécuriser votre installation : tout est sur louer un appartement à Barcelone, et retrouvez l’ensemble des démarches sur s’installer à Barcelone.
Photo : Axelv, via Wikimedia Commons — licence CC BY-SA 4.0.




