Les fêtes catalanes à Barcelone : le calendrier de l’année

Les fêtes catalanes à Barcelone : le calendrier de l’année

Traditions · Calendrier

Barcelone fête beaucoup, et rarement comme on s’y attend. On y célèbre une sainte de treize ans en plein hiver, on y brûle des pétards toute une nuit de juin, on y construit des tours humaines de huit étages, et on commémore une défaite militaire vieille de trois siècles. Voici le calendrier de l’année, ce que chaque rendez-vous signifie, et comment y participer sans passer pour un touriste égaré.

Cette page raconte ce qu’on célèbre. Pour savoir quand les commerces et les administrations ferment, voyez plutôt notre calendrier des jours fériés — et méfiez-vous : les deux ne coïncident pas. Sant Jordi, la plus belle fête de l’année, n’est pas un jour férié.

Le vocabulaire commun

Les mêmes ingrédients reviennent d’une fête à l’autre. Les connaître une fois suffit pour comprendre toutes les autres.

  • Festa major : la fête patronale. Chaque quartier a la sienne, et la ville entière a la sienne — la Mercè.
  • Castells : les tours humaines, inscrites au patrimoine immatériel de l’UNESCO. Un enfant casqué couronne l’édifice.
  • Gegants et capgrossos : les géants de procession portés à bout de bras, et les « grosses têtes » qui les accompagnent. Chaque quartier a les siens, avec des noms et une histoire.
  • Correfoc : la « course de feu ». Des diables traversent la foule en faisant tourner des gerbes d’étincelles. On y danse au milieu ; couvrez-vous et ne courez jamais.
  • Sardana : la danse en rond, précise et sérieuse, qu’on rejoint en s’insérant dans le cercle au bon moment du décompte.
  • Gralles : les hautbois stridents qui accompagnent castells et géants. Quand vous les entendez, quelque chose commence.
  • Revetlla : la veillée festive de la nuit précédant une fête. La fête est souvent la veille au soir, pas le jour même.

Le calendrier, mois par mois

QuandFêteFérié ?
5-6 janvierReis — la cavalcade des Rois magesoui, le 6
12-15 févrierSanta Eulàlia — la festa major d’hivernon
février-mars (mobile)Carnavalnon
23 avrilSant Jordi — livres et rosesnon
nuit du 23 au 24 juinSant Joan — la nuit du feuoui, le 24
15-21 aoûtFesta major de Gràcianon
fin aoûtFesta major de Santsnon
11 septembreLa Diada — fête nationale catalaneoui
autour du 24 septembreLa Mercè — la fête de Barceloneoui, le 24
31 octobre – 1er novembreLa Castanyada et Tots Santsoui, le 1er
décembreNadal — Santa Llúcia, le Tió, Sant Esteveoui, les 25 et 26

Les dates mobiles dépendent de Pâques et changent chaque année. Les dates fixes, elles, ne bougent pas : seul le jour de la semaine varie.

L’hiver : les Rois, puis Santa Eulàlia

Els Reis (5-6 janvier) éclipsent largement le Père Noël dans le cœur des enfants catalans : ce sont les Rois mages qui apportent les cadeaux. Le 5 au soir, la Cavalcada traverse la ville — à Barcelone, les Rois arrivent par la mer, au Port Vell, avant de défiler. Les enfants ramassent les bonbons lancés depuis les chars.

Santa Eulàlia (autour du 12 février) est la festa major d’hivern de Barcelone, en l’honneur de la co-patronne de la ville — une adolescente de treize ans martyrisée au IIIe siècle. C’est la plus familiale des grandes fêtes : géants, castells, sardanes, marionnettes, correfoc pour enfants, et des activités pensées pour les petits dans tout le centre. Si vous voulez découvrir la culture populaire catalane sans la foule de septembre, c’est le meilleur moment de l’année.

Le printemps : Sant Jordi, la fête qu’il ne faut pas rater

Le 23 avril, la Catalogne célèbre son saint patron d’une façon qui n’a d’équivalent nulle part : on s’offre un livre et une rose. Les Ramblas et les grandes avenues se couvrent d’étals, les libraires sortent dans la rue, les auteurs signent sur les trottoirs, et la ville entière se déplace un livre à la main.

Ce n’est pas un jour férié — tout le monde travaille, et c’est précisément ce qui rend la journée singulière : on achète sa rose entre deux rendez-vous. Si vous ne deviez voir qu’une fête catalane, beaucoup d’habitants vous diraient celle-ci plutôt que la Mercè.

L’été : Sant Joan et les fêtes de quartier

Sant Joan, la nuit du 23 au 24 juin, est la nuit la plus bruyante de l’année. On tire des pétards partout, on allume des feux, on mange la coca de Sant Joan, et les plages se couvrent de fêtes jusqu’au lever du jour. Le férié est le 24, mais tout se joue la veille au soir — c’est la règle des revetlles. Prévenez vos animaux et vos oreilles.

Puis vient la saison des festes majors de quartier, où des rues entières sont décorées par leurs habitants, en compétition. Les deux plus grandes : Gràcia à la mi-août, devenue une destination touristique, et Sants dans la foulée, restée une vraie fête de voisins. Presque chaque quartier a la sienne ; celles de Poblenou, de Sant Andreu ou du Poble-sec valent aussi le détour.

L’automne : la Diada, la Mercè, la Castanyada

La Diada du 11 septembre est la fête nationale catalane. Elle commémore une défaite — la chute de Barcelone en 1714 — et c’est la journée la plus politique de l’année : à ne pas confondre avec la manifestation indépendantiste qui n’en est qu’un moment.

Deux semaines plus tard, la Mercè est la fête majeure de la ville entière : cinq jours, des centaines d’activités gratuites, castells, correfoc et piromusical de clôture. C’est le sommet du calendrier festif barcelonais.

Enfin, la Castanyada (31 octobre) est la réponse catalane à Halloween, et elle lui est antérieure : on mange des castanyes (châtaignes grillées), des moniatos (patates douces) et des panellets, de petites pâtisseries aux amandes et aux pignons, accompagnés de vin doux. Le lendemain, Tots Sants (1er novembre, férié) est consacré aux cimetières et aux familles.

Décembre : un Noël catalan très particulier

Deux traditions déroutent immanquablement les nouveaux arrivants.

Le Tió de Nadal — « la bûche de Noël » — est un rondin de bois avec un visage peint et une petite couverture. Les enfants le nourrissent pendant des semaines, puis, le soir venu, le frappent avec un bâton en chantant pour qu’il « livre » les friandises cachées dessous. Le caganer, lui, est un santon accroupi en train de déféquer, dissimulé dans un coin de la crèche : on le cherche, et sa présence est censée porter chance aux récoltes.

La saison s’ouvre avec la Fira de Santa Llúcia, le marché de Noël installé devant la cathédrale dès la fin novembre, où l’on achète justement son Tió et son caganer. Elle se referme le 26 décembre, Sant Esteve, second jour férié de Noël en Catalogne, traditionnellement consacré aux canelons préparés avec les restes de la veille.

Comment en profiter vraiment

  • La fête est souvent la veille. Sant Joan se vit le 23 au soir, pas le 24. C’est vrai de toutes les revetlles.
  • Tout est gratuit, ou presque. Castells, géants, correfocs, concerts de quartier : la culture populaire catalane est en accès libre. Il suffit d’être là.
  • Le correfoc demande des précautions réelles : coton couvrant bras et jambes, chapeau, chaussures fermées, et ne jamais courir.
  • Les programmes sortent tard, souvent deux à trois semaines avant. Le site de la Ville et les centres civiques de quartier sont les sources fiables.
  • Vérifiez les fermetures avant de compter sur une démarche administrative : notre calendrier des jours fériés liste les dates officielles, qui ne recoupent pas toujours les fêtes.

Pour ce qui se passe cette semaine précisément, notre agenda des événements recense les rendez-vous à venir à Barcelone.

Photo : Enric, via Wikimedia Commons — gegants sur la Rambla, licence CC BY-SA 4.0.

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