S’installer · études et stages
Vous arrivez pour un semestre Erasmus, un stage ou une année d’études. Pour moins de trois mois, vous n’avez aucune démarche à faire. Au-delà, il y en a trois, et un point de vigilance sur le logement. Ce guide est pensé pour un citoyen européen, français, belge ou luxembourgeois. Il sert aussi à quiconque s’installe pour quelques mois avant de décider s’il reste.
Moins de trois mois : rien à faire
Un citoyen de l’Union européenne séjourne librement en Espagne pendant trois mois, avec sa carte d’identité ou son passeport. Aucune inscription n’est demandée. Gardez seulement votre carte européenne d’assurance maladie sur vous (voir plus bas).
Plus de trois mois : le certificat d’enregistrement de citoyen de l’Union
Au-delà de trois mois, vous devez vous inscrire au registre des citoyens de l’Union européenne. Vous recevez alors un certificat vert, qui porte votre NIE, le numéro d’étranger que vous demanderont la banque, l’opérateur téléphonique ou un employeur. La demande se dépose dans les trois mois qui suivent l’arrivée.
Pour un étudiant, le droit de séjour repose sur trois conditions, fixées par l’article 7 du décret royal 240/2007 et précisées par l’arrêté PRE/1490/2012 :
- être inscrit dans un établissement d’enseignement reconnu, y compris en formation professionnelle ;
- avoir une assurance maladie qui vous couvre en Espagne. La carte européenne d’assurance maladie suffit, à condition d’être valable pendant tout le séjour ;
- déclarer sur l’honneur que vous disposez de ressources suffisantes.
Bonne nouvelle pour les étudiants Erasmus : l’arrêté précise que la participation à un programme d’échange de l’Union européenne « vaut justificatif suffisant » de ces conditions. Le document de votre programme fait l’essentiel du dossier.
Pour un stage, tout dépend de votre statut. Si l’entreprise vous affilie à la Sécurité sociale espagnole, vous relevez du profil « salarié », le plus simple, sans condition de ressources ni d’assurance. Sinon, posez la question à votre école et à l’entreprise avant de prendre rendez-vous.
Le formulaire, la taxe et la prise de rendez-vous sont détaillés dans notre page NIE à Barcelone : la démarche pour les Français. Les rendez-vous partent vite en septembre et en février : réservez dès votre arrivée.
La carte européenne d’assurance maladie : utile, pas suffisante
Demandez-la sur votre compte ameli au moins quinze jours avant le départ. Elle est gratuite et nominative. Une carte française est valable deux ans au plus, sans dépasser la durée de vos droits à l’Assurance maladie (ameli.fr).
Elle vous donne accès au système de santé public espagnol, dans les mêmes conditions qu’un assuré espagnol, pour les soins médicalement nécessaires. Elle couvre aussi les maladies chroniques et la grossesse. Deux limites à connaître :
- elle n’ouvre pas les portes des cliniques privées, très présentes à Barcelone ;
- elle « ne se substitue pas à une assurance voyage privée », notamment pour le rapatriement (Cleiss).
Vérifiez donc ce que couvrent la mutuelle de vos parents, l’assurance de votre école ou votre carte bancaire. Notre page sur les assurances à Barcelone fait le tour des options. Si vous travaillez sur place avec un contrat espagnol, c’est la carte de santé catalane (TSI) qui prend le relais.
L’empadronamiento : aussi pour un séjour de quelques mois
L’empadronamiento est l’inscription à la mairie de la ville où vous habitez. La loi espagnole l’impose à toute personne qui y vit de façon habituelle (article 15 de la loi 7/1985). Il sert de preuve d’adresse pour beaucoup de démarches. Il faut un contrat de location ou l’accord écrit de la personne qui vous héberge : c’est une raison de plus d’exiger un vrai contrat. Le mode d’emploi est dans notre page L’empadronamiento en 15 minutes.
Logement : le contrat « de temporada »
Un étudiant ou un stagiaire loue le plus souvent une chambre ou un appartement « de temporada », pour quelques mois. La loi sur les baux classe ce contrat parmi les locations « à usage autre que d’habitation » (article 3 de la loi 29/1994). Ce qu’il faut en retenir :
- Le contrat fait la loi. Ce bail est régi d’abord par ce que les parties ont signé, puis par la loi sur les baux et le Code civil (article 4.3). Les protections du bail de résidence principale, comme la durée minimale de cinq ans, ne s’appliquent pas. Lisez donc chaque clause avant de signer.
- Une caution de deux mois, contre un mois pour un logement classique (article 36). Le bailleur peut demander une garantie supplémentaire, si le contrat la prévoit.
- Le motif compte. Un contrat « de temporada » qui cache en réalité votre résidence principale peut être requalifié par un juge. Si vous restez plus d’un an, ou si le logement devient votre domicile, faites vérifier votre contrat.
- Faites un état des lieux écrit, à l’entrée et à la sortie, avec photos datées. C’est votre meilleur argument pour récupérer la caution.
Un décret-loi de septembre 2026 voulait encadrer davantage ces locations : motif écrit obligatoire, garantie plafonnée, pas de frais d’agence pour le locataire. Le Congrès des députés l’a rejeté le 2 octobre 2026, et ces règles ont cessé de s’appliquer. Le détail est dans notre article sur les décrets logement.
Les arnaques à la chambre : les trois réflexes
Septembre et février sont les mois des fausses annonces. Trois réflexes suffisent à écarter la plupart des escroqueries :
- ne versez rien avant d’avoir visité, en personne ou par une visio en direct avec quelqu’un sur place ;
- vérifiez que la personne qui encaisse est bien celle qui signe le contrat ;
- exigez que la caution soit déposée à l’Incasòl, l’organisme public catalan qui la conserve. Vous pouvez le vérifier vous-même.
Les prix réels, les signaux d’alerte et la méthode de vérification auprès de l’Incasòl sont détaillés dans notre guide La colocation à Barcelone.
Et si vous restez ?
Beaucoup de stages et de semestres se prolongent. Le certificat d’enregistrement et le NIE restent valables : vous n’aurez pas à les refaire. Pour la suite, voyez ce qu’on aurait aimé savoir avant de s’installer, et où apprendre l’espagnol et le catalan. L’annuaire francophone recense les professionnels qui vous répondront en français.




