Achats spéculatifs de logements : le plénier de Barcelone vote pour pouvoir les interdire

La façade néoclassique de l'hôtel de ville de Barcelone, place Sant Jaume, sous un ciel bleu

Jeudi 5 novembre, le plénier municipal de Barcelone a approuvé une proposition de Barcelona en Comú qui demande à la mairie de préparer l’interdiction des achats spéculatifs de logements sur son territoire. Le texte a été voté par le PSC, les Comuns et ERC, contre Junts, le PP et Vox. Rien ne change aujourd’hui pour les acheteurs.

Ce que le texte demande

Selon la presse, la proposition demande au gouvernement de Jaume Collboni trois choses. D’abord, travailler à une modification du planning urbanistique pour pouvoir appliquer cette interdiction, ce qui ferait de Barcelone la première ville de Catalogne à le faire. Ensuite, veiller « de manière ferme » au respect du décret-loi espagnol sur le logement. Enfin, présenter chaque trimestre aux groupes municipaux un rapport sur les actions menées. Elle demande aussi d’appuyer la future loi catalane sur le même sujet, en cours d’examen au Parlament.

Ce qui existe déjà

Le décret-loi cité est le Real Decreto-ley 29/2026, en vigueur depuis le 8 octobre. Son article 1 limite, jusqu’au 31 décembre 2030, l’achat d’un logement par deux catégories d’acquéreurs : les entités dont l’activité est d’acheter des biens nettement sous leur valeur de marché, et les personnes morales qui sont de grands détenteurs de logements. La limite joue quand le prix payé est inférieur à 70 % de la valeur de marché, fixée par une société d’évaluation agréée. Il prévoit des exceptions, par exemple pour un logement destiné à un loyer abordable ou à des personnes vulnérables. Ce texte vise des entités, pas un particulier qui achète sa résidence. Il doit encore être validé par le Congrès : notre page sur les décrets logement suit où il en est.

Ce qui dépend d’une loi encore bloquée

L’interdiction à Barcelone suppose la loi catalane, et celle-ci n’avance pas. Le Govern et les Comuns n’ont pas réussi à s’accorder sur le texte au Parlament et ont déposé leurs amendements séparément. En août, le Consell de Garanties Estatutàries a mis en doute plusieurs aspects juridiques du projet, au regard du droit de propriété et du droit d’héritage. Les Comuns veulent garder le texte d’origine, le PSC préfère limiter l’usage des logements achetés à la résidence habituelle sans interdire l’achat. Sans accord qui compte aussi sur ERC, indispensable pour atteindre les 68 voix, la loi peut tomber.

Ce que ça change pour vous

Si vous achetez à Barcelone, rien n’est interdit à ce jour pour un particulier. Le vote du plénier est une orientation politique : la modification du plan d’urbanisme reste à écrire et à voter. Ne la confondez pas avec la modification du plan métropolitain sur la location de saison et de chambre, qui porte sur l’usage locatif et non sur l’achat. Pour les frais et les pièges de l’achat, voir acheter à Barcelone.

Sources : 20minutos, 5 novembre 2026, 20 h 36, pour le vote et le contenu de la proposition ; texte du Real Decreto-ley 29/2026 au Boletín Oficial del Estado (BOE-A-2026-20823), article 1, lu le 6 novembre. Nous n’avons pas trouvé de communiqué de l’Ajuntament sur ce vote ni d’autre média qui le détaille : les votes des groupes viennent d’une seule source.

Photo : la façade de l’hôtel de ville de Barcelone, place Sant Jaume, en 2016. Josep Bracons, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 2.0, image recadrée.

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