
Travailler · Nomades numériques
Vous travaillez à distance pour une entreprise française (ou étrangère), ou en freelance pour des clients hors d’Espagne, et vous voulez vous installer à Barcelone sans changer d’employeur ni de statut ? C’est exactement ce que couvre le visa nomade numérique espagnol (Visado de Nómada Digital), en vigueur depuis 2023. Voici les repères à jour pour 2026. Pour la création d’une activité en Espagne même, voyez notre page créer son entreprise à Barcelone.
Pour qui ?
Deux profils sont éligibles :
- Salarié en télétravail pour une entreprise située hors d’Espagne (contrat d’au moins 3 mois, l’employeur doit autoriser le télétravail international).
- Freelance ou indépendant dont les clients sont majoritairement hors d’Espagne : les revenus de source espagnole ne doivent pas dépasser 20 % du revenu professionnel total. Au-delà, le statut peut être révoqué.
Les revenus exigés
Le seuil est indexé sur le SMI (salaire minimum espagnol) et augmente chaque année. Pour 2026 : environ 2 849 €/mois pour le demandeur principal, avec une majoration d’environ 916 € pour le premier membre de famille à charge et 305 € pour chacun des suivants (conjoint, enfants).
Ordres de grandeur 2026, à confirmer au moment de votre demande : le seuil suit le SMI, revalorisé chaque début d’année par décret.
Démarches et durée
Deux voies possibles :
- Depuis la France : demande de visa auprès du consulat d’Espagne, valable jusqu’à 1 an.
- Depuis l’Espagne, si vous y êtes déjà en séjour légal : demande d’un titre de séjour directement, valable jusqu’à 3 ans, renouvelable pour 2 ans supplémentaires (5 ans au total).
Coûts à prévoir : frais de visa (environ 80 €), NIE (environ 20 €), carte TIE à l’arrivée (environ 20 €), et une assurance santé privée si vous n’êtes pas déjà couvert par la sécurité sociale de votre pays d’origine.
La fiscalité : la loi Beckham, un vrai avantage
Les titulaires du visa nomade numérique peuvent demander le régime spécial dit « loi Beckham » (Régimen Fiscal Especial para Trabajadores Desplazados), étendu aux nomades numériques depuis la loi Startups de 2023. À la clé : un taux fixe de 24 % sur les revenus jusqu’à 600 000 €/an, au lieu du barème progressif espagnol classique, pendant l’année d’arrivée plus les 5 années suivantes (6 ans au total). Condition : ne pas avoir été résident fiscal espagnol au cours des 5 années précédant l’installation.
Ce régime doit être demandé explicitement dans les 6 mois suivant l’inscription à la sécurité sociale espagnole : passé ce délai, vous basculez automatiquement sur le barème progressif classique. Un gestor ou un fiscaliste peut s’en charger.
Visa nomade numérique ou statut autónomo classique : lequel choisir ?
Si l’essentiel de votre activité reste tourné vers la France ou l’étranger, le visa nomade numérique est la voie la plus simple : pas besoin de créer une structure espagnole, et la fiscalité Beckham est nettement plus légère que le régime autónomo classique. Si au contraire vous développez une clientèle majoritairement espagnole, le statut autónomo classique (RETA, tarifa plana) reste la bonne option : voyez aussi notre dossier sur la fiscalité comparée France/Espagne pour un indépendant.
Contact utile
Pour la gestion comptable et fiscale d’un statut de nomade numérique ou d’indépendant en Espagne, voyez la fiche annuaire de MonEntreprise.es, cabinet comptable francophone spécialisé dans les freelances et entrepreneurs du digital installés en Espagne. Et si vous cherchez un employeur ou un prestataire du secteur, les entreprises tech et numériques qui recrutent des francophones ici sont dans la rubrique Tech & numérique.




